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Chacun est seul responsable de tous *
Publiée le 28.07.2010
La Solitaire a lâché la horde des 45 Figaristes hier, du Havre à 14 heures. Les difficultés annoncées d’entrée de jeu, courants, vents faibles, passages à niveau, auguraient d’une première partie de parcours coriace. Pour Thomas Rouxel, sur Crédit Mutuel de Bretagne, les choses se sont singulièrement compliquées quand son pilote automatique lui a fait défaut…
Clair-obscur
Le clair-obscur, cette technique picturale dans laquelle des parties claires côtoient immédiatement des parties très sombres, créant ainsi des effets de contrastes parfois violents, et mise au point par l’ineffable Le Caravage était la tonalité de la première nuit de course de Thomas Rouxel. «Il faudra bien réussir à lâcher la barre avant le Raz de Sein pour prendre un temps de repos indispensable avant d’attaquer le golfe de Gascogne, sous spi» expliquait Thomas Rouxel alors qu’il larguait les amarres de Crédit Mutuel de Bretagne, hier, en fin de matinée au Havre. Une sage résolution que Thomas a bien failli voir se transformer en vœu pieux dès la première nuit de course. En effet, son pilote automatique l’a lâché et sans pilote… Pas moyen de décrocher le temps d’une sieste, courte, certes, mais réparatrice. Sauf que la grande et vieille dame qu’est la Solitaire veillait au grain et au respect de la tradition. Et c’est ainsi que, via la VHF, Thomas Rouxel a reçu des autres concurrents une foule de conseils pour l’aider à remettre en service son pilote automatique défaillant. Commencée par la face obscure, sa nuit s’est achevée, éclairée par les lumières de ses adversaires.
Vers le Raz de Sein
Crédit Mutuel de Bretagne n’a pas perdu de terrain malgré ces ennuis et les écarts demeurent minimes, à peine deux milles séparent le premier du 20ème. Thomas est positionné 19ème de la flotte à 16 heures.
Le premier passage à niveau tant redouté au Raz Blanchard n’a donc pas eu lieu. Ensuite, CMB est passé entre Herm et Sercq, faisant ainsi une route plus nord que les leaders. Le vent semble refuser plus que prévu et c’est au près plutôt qu’au reaching qu’il se dirige vers la pointe de la Bretagne. «Cette première étape peut être décisive avec les points critiques qu'il y a à franchir dans les premières 48 heures. La moindre erreur coûtera cher. Je ne sais pas si cela va être mon année, mais il faut toujours y croire. Malheureusement, je ne suis pas le seul à penser cela…» déclarait Thomas avant le départ du Havre. Les premières 24 heures n’ont pas fait de dégâts, qu’en sera-t-il de la suite en Manche ? Il faudra peut-être tirer des bords pour rejoindre le Raz de Sein, le vent étant plus à gauche que prévu. Sinon, ce sera tout droit, sur un bord jusqu’à la sortie de Manche la nuit prochaine. Place ensuite au Spi dans le golfe de Gascogne, qui lui aussi ménage sa part de suspens…
* Antoine de Saint Exupéry


